4 Hours of Spa Classics

Stéphane Mertens et Patrick Orban imposent leur Dholda après une finale à rebondissements.

C’est sur un circuit de Francorchamps parfaitement sec que se disputa, ce samedi 30 juin dès 20h30, la 4ième édition des 4 Hours of Spa Classics. Le départ type Le Mans se déroulait parfaitement pour les 75 équipages engagés, même si Stéphane Mertens, l’un des favoris, avait du mal à mettre sa Dholda en marche. L’ex-champion du monde d’endurance se retrouvait en fin d’un peloton emmené par la Kawasaki de Hacquin- de Dieuleveut. Malheureusement, la moto verte, qui avait déjà explosé un moteur lors des essais et ne disposait plus que d’un moteur stock, connaissait des problèmes d’alimentation en essence dès le virage des Combes. Elle rentrait plusieurs fois au stand avant d’abandonner alors que Mertens opérait une brillante remontée.

Le tandem Hubin-Siméon n’était guère plus heureux.

Dès le troisième tour, Richard Hubin, notre autre champion du monde d’endurance qui, voici 25 ans, en compagnie de Michel Siméon et de Michel Simul, remportait les 24 Heures de Liège sur une Suzuki identique, signalait à ses mécaniciens un problème à la roue arrière. Après quelques boucles, on changeait simplement de roue et le problème disparaissait.

Pendant la première heure de course, plusieurs machines devaient déjà repasser par les stands : la Suzuki de Hate-Bonvicini (allumage) ; la Kawasaki de Mosbeux-Mizera (légère perte d’huile) ; la Martin de Hofmann-Schuler (crevaison pneu avant) ; la Pem Honda d’Atisy-Jouret et la Suzuki d’Hudson-Pietro (embrayage) ; la Kawasaki de Denis-Lutard-Audebert (batterie).

La Dholda de Gian Mertens-Cremer perdait quelques précieuses secondes lors du ravitaillement suite à une valve d’essence bloquée, alors que la Bimota de Seelmann-Ludwig (aide extérieure sur le circuit) et la Pecket de Clarck-Collins, qui avait déjà connu des problèmes de câble de gaz, étaient mises hors course.

Après une demi-heure, la safety car devait sortir pour permettre aux commissaires de nettoyer la piste, la Laverda de Jansen-Van de Leek ayant laissé une longue traînée d’huile du sommet du raidillon au poste 11.

Cette intervention faisait bien les affaires de Stéphane Mertens qui revenait sur la Moto Guzzi de Charles-Artigues/Sleurs, déjà victorieuse par le passé.

Après une heure de course, alors que Chris Cremer prenait le relais de Gian Mertens, ce 2ième équipage Dholda accusait 12 secondes de retard sur la Moto Guzzi française.

Patrick Orban, engagé de dernière minute aux côtés de Stéphane Mertens (il fut averti de sa participation vendredi, deux heures à peine avant les essais), occupait la troisième place, mais à une bonne minute du tandem de tête. Les autres équipages étaient déjà relégués à un tour et plus.

La deuxième heure de course était tout aussi fertile en événements.

Le fusible principal de la Dholda de Chris Cremer brûlait obligeant son pilote à revenir à la poussette et perdre ainsi quatre tours. La Godier-Genoud de d’Imbleval-Weber abandonnait suite à un bris de bougie ; la Suzuki de Pendelbury-Body rentrait avec un relais de démarreur défaillant ; le moteur de la Honda de Dumont-Duvernay cassait ; la Suzuki de Lambrecht-Lambrecht, aux portes du top 10, consommait excessivement d’huile ; la Laverda de Collonge-Collonge effectuait un arrêt non prévu pour un réglage de phares.

Pointé 48ième après la première heure, sous les yeux de Xavier Siméon revenu dare-dare d’Assen pour soutenir son père,le tandem Hubin-Siméon entamait une longue remontée néanmoins contrariée par un bris d’ampoules. Mais peu après le moteur de la Suzuki commençait à vibrer fortement et à perdre son huile. Prudemment, nos deux compatriotes préféraient renoncer, néanmoins satisfaits des chronos réalisés, identiques à ceux de Stéphane et Gian Mertens.

Un Stéphane Mertens qui alignait donc les tours rapides et prenait la mesure de la Moto Guzzi de Charles-Artigues/Sleurs. D’autant plus aisément que la machine italienne devait s’arrêter pour remédier à un faux contact au niveau de la batterie. Un incident qui bénéficiait à la Nico Bakker de Kaiser/Heiler. Dans le top 5 depuis le départ, ces Allemands héritaient ainsi de la seconde place, mais à un tour du duo Mertens-Orban.

Pointée en 11ième position après une heure de compétition, la Kawasaki de Linden-Brasher tournait régulièrement et disputait la 4ième place aux deux Moto Guzzi de Sardi-Zaccarelli et Aue-Hofman. Ces trois équipages accusaient à ce moment un retard de trois tours sur les leaders.

Ancienne vedette de l’endurance, le Français Roger Ruiz, secondé par son fils Laurent, restait en embuscade pour une place dans le top 5.

A trente minutes du drapeau à damier, Mertens-Orban augmentaient encore leur avantage, le portant à presque deux tours. L’intérêt se reportait momentanément sur le duel pour la seconde place entre Kaiser-Heiler et Charles-Artigues/Sleurs, séparés seulement par une petite minute.

C’est à ce moment que la Safety Car sortait brièvement suite à la chute sans gravité de la Ducati de Steenhaut-Verhegge.

Cet incident allait relancer complètement la course.

Car, en même temps, Stéphane Mertens devait faire un double arrêt d’abord pour ravitailler, ensuite pour un bouchon de réservoir mal fermé. Du coup, il devait faire le forcing pour revenir Kaiser-Heiler qui s’étaient emparé du commandement. A dix minutes de l’arrivée, les deux motos se retrouvaient ainsi roue dans roue. Le suspense était total.

Mais un tour plus tard nouveau coup de théâtre, en tentant suivre le rythme du Belge, le pilote de la Kawasaki chutait et abandonnait.

La voie était ainsi libre pour la Dholda alors que la pluie faisait une très courte apparition au poste 21. Si Mertens terminait tranquillement, les dernières minutes amenait un ultime rebondissement. Tout d’abord la Kawasaki de Linden-Brasher dépassait la Moto Guzzi de Charles-Artigues/Sleurs et s’assurait de la seconde place. Mais le pilote de la Guzzi, en panne d’allumage dans le dernier tour, revenant sur sa lancée, faisait une grosse erreur et rentrait directement au stands plutôt que de passer sous le drapeau à damier. Comme le prévoit le règlement, il se voyait déclassé de la troisième marche du podium au profit des Italiens Sardi-Zaccarelli.

Nous vous donnons rendez-vous lors des 200 Miglia di Imola le 21, 22 et 23 septembre pour notre prochaine endurance classic !