Retour sur 70 ans de GP - Les années '60

 

La 17ème édition des A-XOC Bikers’Classics - qui auront lieu du 5 au 7 juillet prochain - s’attardera sur un anniversaire majeur : les 70 ans des Grands Prix moto. L’occasion de se pencher sur l’histoire des GP. Chapitre 2 : les années 60.

Les premières années des Grands Prix FIM sont dominées par les constructeurs européens en général, les italiens en particulier. Mais dans les années 60, les marques japonaises s’invitent à la fête et rêvent de s’imposer. Plus facile à dire qu’à faire cependant, notamment dans la catégorie reine des 500cc, où MV Agusta s’impose au classement Constructeurs quasi sans partage entre 1958 et 1973 ! Seul Honda parvient à inscrire son nom au palmarès en 1966 grâce à ses pilotes Mike Hailwood et Jim Redman. Cette année-là, c’est pourtant Giacomo Agostini (MV Agusta) qui s’impose au championnat Pilotes, comme il le fera à de nombreuses reprises.

Les constructeurs japonais connaissent plus de succès dans les petites cylindrées, notamment en 50cc, catégorie introduite en 1962. Suzuki s’impose à plusieurs reprises dans cette petite classe. Au cours de cette décennie, la course à l’armement est déclarée entre les usines, et les coûts grimpent de manière vertigineuse, obligeant certains constructeurs à se retirer de la compétition. Fin des années ‘60, seul Yamaha continue à représenter le pays du Soleil Levant de manière officielle. Pour relancer l’intérêt des constructeurs, la FIM revoit ses règlements techniques afin de réduire les coûts de développement et de production. En 50cc, seuls les monocylindres sont admis. En 125cc et 250cc, les moteurs sont limités à deux cylindres. En 350cc et 500cc, la limite passe à quatre cylindres…

On modifie également le règlement des pilotes ainsi que l’attribution des points. Dès 1969, le vainqueur rafle 15 points et les 10 premiers classés ‘rentrent dans les point’, mais tous les résultats ne sont pas encore pris en compte pour l’attribution du titre. En 1968 par exemple, seuls 6 résultats sur 10 sont comptabilisés.

A partir de 1961, le calendrier compte généralement une dizaine de rendez-vous, avec des Grands Prix qui s’internationalisent. La première course hors-Europe se déroule en 1960 à Buenos Aires (Argentine), bientôt suivie par des GP au Japon (Suzuka - 1963), les Etats-Unis (Daytona - 1964) ou encore le Canada (Mosport - 1967). Mais L’Europe reste la terre promise du ‘Continental Circu’, l’Allemagne de l’Est (Sachsenring), la Tchécoslovaquie (Brno), la Finlande (Imatra, Tampere), la Suède (Kristianstad) et la Yougoslavie (Opatija) s’ajoutant au calendrier au fil des saisons.

La fin des années 60 est marquée par l’arrivée d’un phénomène : Giacomo Agostini. Le pilote italien va éclabousser la discipline par son talent et par ses succès. De 1968 à 1972, il est titré dans deux catégories différentes (350cc et 500cc) sans interruption ! En 1968, il remporte tous les Grands Prix de l’année dans les deux catégories !

La domination de Giacomo Agostini commence réellement en 1966, quand il déloge Mike Hailwood de la place de ‘Monsieur 500cc’. Le Britannique était alors l’homme à battre dans la catégorie reine. Il avait décroché le titre de 1962 à 1965 avec MV Agusta avant de passer chez Honda, laissant la place de premier pilote MV à Ago… et devant désormais se contenter de la deuxième place sur le podium.

La catégorie 250cc est plus ouverte. Trois hommes forts se partagent les victoires et les titres : Mike Hailwood (1961, 1966, 1967), Jim Redman (1962, 1963) et Phil Read (1964, 1965, 1968). Un peu plus tôt, l’Italien Carlo Ubbiali avait également réalisé un triplé (1956, 1959, 1960). Du côté des constructeurs, les Japonais sont aux avant-postes, Honda s’imposant en 1961, 1962, 1963, 1966 et 1967; Yamaha en 1964, 1965 et 1968, ainsi que de 1970 à 1974, mais ça, c’est une autre histoire…