Rob Phillis prépare ses mouchoirs : “Ce sera émouvant”

A l’occasion des Bikers’Classics, Rob Phillis revivra à Spa-Francorchamps un moment important de sa carrière Superbike.

Le premier week-end de juillet, l’Australien, réputé pour sa franchise et sa gouaille, fera son entrée aux Bikers’Classics au guidon de la Kawasaki ZXR 750 d’usine de 1998. Phillis se réjouit déjà de retrouver Francorchamps et ses vieux amis. «  Ce sera un peu émouvant de tous les revoir ».

Bien que Phillis ait également couru sur d’autres marques et d’autres machines au cours de sa carrière, on se souviendra toujours de lui comme du pilote Kawasaki tenace et acharné. Au début des années 90, sur sa Kawa 750 4 cylindres, il défiait Doug Polen, Raymond Roche, Stéphane Mertens et Giancarlo Falappa et leurs Ducati de plus grosses cylindrées.
« Je pense que mon lien avec les verts remonte à mes années passées au sein du Team Kawasaki Australia », se souvient notre invité aujourd’hui âgé de 57 ans. « Les Doyle père et fils étaient, et sont toujours, comme de la famille pour moi. Nous avons simplement couru et gagné. Lorsque l’usine a eu besoin d’un pilote d’essai au Japon, j’ai eu la chance d’être choisi et de travailler sur des F1 avec Kork Ballington, un chouette type et un bon camarade. »

Après avoir obtenu huit wild cards, principalement autofinancées, lors de la saison inaugurale du Championnat du Monde de Superbike, Phillis décrochait finalement un soutien supplémentaire pour la campagne de 1989. Sa dixième place au championnat ne manqua pas d’éveiller l’intérêt de l’usine.
« Le grand patron de Kawasaki m’a demandé si j’étais intéressé de disputer tout le championnat 1990. Que pouvais-je répondre ? J’avais presque 34 ans et ma carrière progressait encore », sourit Phillis.
Au final, cela ressemble toutefois à une histoire d’amour qui tourne au vinaigre. « Nous avons terminé quatrième en 1990, puis troisième en 1991 et 1992, ensuite fini. Je suis rentré en Australie fâché, même si j’avais toujours un bon boulot là-bas. Je n’étais pas préparé à arrêter le Superbike Mondial, mais ce sont des choses qui arrivent. A l’époque, je n’étais vraiment pas content. »

Plus tard, Phillis fit son come-back dans ce championnat, mais ne parvint jamais à retrouver le chemin de la victoire. Au cours des 108 courses de Superbike auxquelles il participa, Phillis en remporta quatre et monta 27 fois sur le podium. En général, 1992 doit être considéré comme sa meilleure saison avec deux victoires et neuf podiums. «  Ma meilleure année ? C’est difficile à dire. Je l’attends toujours », plaisante-t-il. « Peut-être aurais-je de la chance cette année ! »

L’une de ses deux victoires en 1992 fut conquise à Spa-Francorchamps lorsqu’il battit, au terme d’une lutte de longue haleine, le favori du public : Stéphane Mertens. Le franc-parler typique de Phillis fit mouche ce jour-là. « A cette période, Spa n’était pas un circuit particulièrement sécurisant et je n’aimais pas ce genre de tracé », avoue l’ancienne star de Kawasaki. « Mais j’étais là pour faire mon boulot et j’ai eu suffisamment de chance pour gagner. Ce fut une course très difficile, une bataille énorme avec de nombreux pilotes. J’étais donc très heureux de m’imposer. Lorsque j’ai gagné, la piste était encore aussi rapide qu’impressionnante. Sur ce circuit, il n’y avait pas une partie que je préférais à une autre, mais j’ai tout de même dépassé Doug Polen dans le gauche super rapide, juste avant la chicane du Bus Stop. Ce tour-là, j’ai eu une bonne paire de couilles… »

Aujourd’hui, Phillis rénove des maisons en Australie et possède une vieille demeure au cœur de la Forêt Noire, en Allemagne. Elle se situe à 30 minutes à peine de l’aéroport de Zürich et du magasin Kawasaki de son ami, Emil Weber.
« A présent, Emil sponsorise mon fils Alex en championnat Superstock allemand » explique Phillis qui soutient son fils dans sa carrière de pilote. « Je suis l’homme à tout faire du team, mais lors des courses je stresse pour la sécurité de mon fils, ce qui, je le sais, n’est jamais assurée en compétition. »
Depuis les années 80, chez lui en Australie et en Nouvelle-Zélande, Rob Phillis n’a jamais vraiment arrêté de rouler en moto. C’est donc toujours avec plaisir qu’il grimpe sur ces vieilles mécaniques des années 70. « J’ai recommencé en 2006 et j’ai encore gagné quelques championnats grâce à cela. C’est toujours très amusant et je tombe toujours aussi lourdement que par le passé. »

Phillis se réjouit de vivre ses premiers Bikers’Classics du 5 au 7 juillet prochain à Spa-Francorchamps. « J’attends avec plaisir de retrouver tous mes vieux potes à Spa », admet Phillis. « Je garde de très bons souvenirs de tous ces gars sur et en dehors  de la piste. Il me manque tous et je vais enfin pouvoir les revoir. Avec une boîte de mouchoirs, car j’en suis sûr, cela me fera un gros pincement au cœur de les saluer »

Photos: © Johan Vandekerckhove